Et si nous parlions des personnages ?

D'abord Adhémar....

 

         Le personnage premier, dans " L'Envers de roses ", c'est Adhémar. Adhémar "se cogne " aux aspérités sociales, c'est le " maladroit-type" dans une société sans indulgence. Adhémar est un "produit", le "reflet", "à l'image de", ira-t-on jusqu'à dire une "caricature" produite par notre Société mécaniste, dans son enchevêtrement d' "outils" multiples qui sont autant de labyrinthes à l'intérieur desquels se mouvoir sans guides peut virer au cauchemar.

         Adhémar est une " individualité " qui cherche sa place dans son environnement social. Ca n'est facile pour personne. Quel membre de ce corps social est-il ?

         Beaucoup d'entre nous sont dans cette situation de recherche. Certains ont leur place toute trouvée, ils continuent une lignée sans questions se poser.   D'autres ne cherchent pas vraiment, se laissant porter par le flot, le flux, laissant parfois le hasard décider.

    Adhémar - peu à peu on en saura plus - démarre dans la vie avec au moins deux handicaps : fils d'immigrés italiens, seconde génération, il a un souci avec le langage "articulé". D'emblée, ça détermine une "personnalité".

Adhémar va être présent dans les quatre ouvrages de cette histoire qui constitue un "regard" sur notre société, un point de vue qui pourrait être partagé.

Un garçon étrange que cet Adhémar. L'Italie de ses ancêtres, la Louve, " l'Homme est un loup pour l'Homme", " Tu dois faire ta vie, mon fils...", un méli-mélo de paramètres qui conduisent le garçon à une construction très personnelle : l'Utopie comme référence. Au long de ses plus de soixante années d'existence, cette Utopie sera son étoile polaire, son phare. Mais la Réalité du quotidien se fait aussi pressante. Il faut composer.

D'où ce fond de " Réalisme magique " sur lequel Adhémar évolue : ombres chinoises, la Réalité est-elle devant, derrière l'écran ? Sur l'écran ?

C'est la question universelle posée à travers " nos " écrans .... " Sur l'écran noir de mes nuits blanches, moi je me fais mon cinéma ..."

Très jeune, Adhémar s'engage sur des voies inhabituelles :   -  une sorte d'enfant-loup (son origine italienne) peu sociable ;

                                                                                                        - un éveil à une sensualité " déplacée " : si la sensualité évoque en général plutôt des " creux chauds ", Adhémar, lui, porte intérêt au " métal froid " qui semble mieux lui correspondre.

Adhémar, c'est l'histoire d'une " individualité " en décalage permanent : séquence "humain" sacrifié au profit de l'Outil ( enfance-adolescence), puis séquence " Humain privilégié " et c'est le licenciement professionnel (réalité du monde de l'entreprise), séquence " Humain sacrifié " au bénéfice de la Technologie triomphante (culture des roses), et c'est la catastrophe humaine, enfin le retour à l'Humain " (le gardien d'immeuble), mais c'est l'impasse.

Comme "individualité", Adhémar court d'échec en échec. Et cependant, " résilience " dit-on, Adhémar rebondit, sans perdre cette envie d'aborder une nouvelle expérience. " Précarité " personnelle ? Sociale ? Professionnelle ? En tout état de cause, un parcours qui ressemble bien à celui qui est promis dès l'entrée dans la vie professionnelle : une " précarité " non choisie

Dans le livre suivant, " Vacarme Citoyens ", cette individualité sera intégrée à l'action collective, et ce sera alors, pour lui, mieux cadré. Le quatrième livre : " Rêve...ris ! " sera le prolongement de cette action collective dans un futur d'histoire-fiction (2017-2023).

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