Révolution .... Révolte : un peu d'étymologie

Le sens du mot " Révolution " : certains, que ça arrange bien, se réfèrent au sens " Révolution = boucle de 360°, on revient au point de départ ". 

Or, Révolution s'apparente à " Révolte ", et en voici l'étymologie contenue dans le texte de l'ouvrage (le deuxième) : " Vacarme Citoyens "

                                                                 -  « La Révolte, Mark, la Révolte. En connais-tu l’étymologie ?

                                                                             Dans la période classique, lorsqu’un maître
                                                                       voulait affranchir un esclave, il lui faisait faire « volte face »
                                                                       pour que ce dernier lui fasse face. Puis, il lui faisait faire une « re-volte
                                                                      face », c’est à dire que l’esclave tournait le dos au maître, et regardait
                                                                     donc dans la même direction – ouverte – que lui.

                                                                      « Re-volte »… « Révolte », c’est à dire libérer son regard de
                                                                      celui du maître ( les maîtres étant les "dogmes libéraux" du type " Il n'y a pas d'alternative" - "La Loi du Marché est la seule voie possible"), et gagner ainsi sa liberté. Après la « Révolte », l’esclave est affranchi, il est un homme libre."

Que met-on comme Représentation sous le terme " Révolution " ?

Par ce terme, il ne faut pas entendre le renversement violent du système social et économique par un groupe organisé, ou même par une classe, grâce à la saisie de l'appareil de l'Etat. Le dépassement du capitalisme ne pourra se faire que par la confrontation et l'affrontement, cela va sans dire. Aucune oligarchie n'a jamais cédé le pouvoir de bon coeur. Mais on doit comprendre que, si la Révolution est, comme le disait Cornélius Castoriadis, un moment exceptionnel d'auto-institution de la Société, elle ne peut advenir qu'à partir de l'accumulation d'une masse critique de créations et d'expériences d'institutions nouvelles. C'est pourquoi il ne faut pas opposer mais plutôt " composer " la Révolution moléculaire " de l'économie alternative avec la préparation d'un changement politique global.

Une démocratisation profonde ne peut passer par un changement brutal mais par " la construction de groupes et d'institutions nouvelles à côté et au-dessus des anciennes ". Contre un romantisme de la révolte qui confondrait institutionnalisation et récupération, il est décisif de situer le changement démocratique comme un changement institutionnnel, en reconnaissant à la fois les processus de création institutionnelle et leur confrontation à un cadre  institutionnel qu'il est nécessaire de modifier.

C'est dans ce sens qu'est décrite l'action de la Société civile dans "Vacarme Citoyens ", une action pacifique mais déterminée, à travers, notamment, celle qui concerne les " Objets " et le tri que chacun en fait comme " utile " ou "inutile ", tri qui posera à terme à l'ensemble des décideurs la question de la production, du " productivisme ".